Hachette s’offre Numilog…

14 May 2008

Et voilà, c’est fait. Le dernier pari à la mode dans le (tout) petit monde de l’édition numérique était : qui va racheter Numilog ? Eh bien le gagnant (?) est Hachette Livre !

Rappelons que Numilog était le dernier survivant de la grande époque d’internet et l’unique (à ma connaissance) librairie en ligne purement numérique (vente de formats pdf). Bon, pour avoir quelques livres CyLibris encore en vente chez numilog, les chiffres de vente ne sont pas non plus énormes…

Bon, et pourquoi cet achat ? Ben : « Le savoir-faire de Numilog sera un atout important pour Hachette Livre en ce qui concerne les principaux maillons de la chaîne de la valeur numérique: la conversion, le stockage, la protection, la distribution et la facturation », explique Arnaud Nourry, Président-directeur général de Hachette Livre.  « Nous allons ainsi offrir aux librairies qui manifestent leur intérêt, l’opportunité de mettre en place leur propre plate-forme ».

Voilà, les choses sont dites. Mais qu’on se rassure, Denis Zwirn, le sympathique fondateur de numilog demeure en poste (pour l’instant…).

Seule question non résolue : combien ?

Jérôme Olinon

Le rapport Patino patine-t-il ? (désolé)

14 May 2008

Le 18 février dernier, Christine Albanel en personne confiait à Bruno Patino la mission de “concertation, de réflexion et de proposition sur le livre numérique”. Dans sa lettre de mission, il était précisé que cette mission “aura pour double objectif d’étudier le champ des modifications induites sur l’économie du livre par la révolution digitale et d’éclairer les choix des pouvoirs publics sur l’évolution juridique du secteur. Elle évaluera aussi les politiques de soutien à l’édition et à la librairie et formulera des propositions concrètes, dans la lignée du « Plan livre », présenté par la ministre, le 14 novembre dernier.” Ambitieux et nécessaire.

Autour du président, on retrouvait trois (petits) éditeurs (Gilles Haeri (directeur-général de Flammarion), Isabelle Ramon-Bailly (Editis), Stéphanie van Duin (Hachette Livre)). Problème : Bruno Patino était Président et directeur de la publication de Télérama, et président du Monde Interactif. Il a depuis été élu comme conseiller municipale à Sceaux sur la liste du maire sortant (ex UDF). Bref, entre les municipales et les problèmes et soubresauts au Monde, on peut se demander s’il a consacré toute son énergie à ce rapport.

On va bientôt le savoir, le rapport était attendu pour mai…

Jérôme Olinon

Les livres électroniques au salon du livre

6 April 2008

Pour les non parisiens ou ceux que le Salon du livre fatigue (ce que je peux comprendre), je signale un petit reportage vidéo sur le site de 01net, la revue informatique en ligne, sur les livres électroniques présents au salon. Disons, surtout l’iliad (celui que les Echos utilisent).

Ca permet de voir à quoi ça ressemble, à défaut de tester.

Suivez le lien…

Jérôme Olinon

Les livres numériques supportent les ventes des livres papier

6 April 2008

C’est du moins ce qu’en conclut l’éditeur O’Reilly. Cet éditeur vend des livres d’informatique tant en version papier que PDF, or, ce qu’il constate, c’est que les ventes des deux formats ne se cannibalisent pas, mais que le numérique attire même de nouveau clients.

Et pour prouver ce qu’il affirme, il a ouvert un blog consacré à l’économie de l’immatériel et y affiche ses chiffres de vente (réels ?). Si on considère qu’ils ne sont pas bidonnés, cela semble effectivement intéressant. Problème, on n’a pas l’échelle des ventes et on ne sait pas si cela se compte en dizaines d’exemplaires vendus par mois, en centaines ou en milliers. Forcément, ça peut avoir une influence sur les conclusions. Cela dit, il signale que “les ventes de livre électroniques représentent 5% des chiffres de vente globale des éditions O’Reilly”. Sachant que le numérique n’est en vente que sur son site, c’est déjà pas mal.

Question : cette expérience est-elle transposable à d’autres segements de l’édition ? Dans le cas des éditions cylibris, et malgré une présence de 10 ans sur le web, en librairie et sous format pdf, on n’est jamais arrivé à ce genre de pourcentage, c’est clair. La spécificité du marché d’édition d’O'Reilly(édition informatique) peut donc jouer.

Cet éditeur, décidément, très motivé par le numérique(ça fait plaisir), regrette dans son dernier “post” la frilositié de ses confrères. Moi, je suis bien d’accord, mais certaines affirmations me semblent désormais tout de même difficile à soutenir encore : “La vérité est que personne ne peut certifier que le piratage engendre un manque à gagner. Comme pour la musique, il n’est pas sûr du tout que le pirate aurait acheté ce qu’il a pu récupérer gratuitement : il est fort possible qu’il ou elle n’ait pas les moyens de se payer le livre au prix fort, ou qu’il n’existe tout simplement pas de version numérique payante.”

Je veux bien, mais dans le cas de la musique, quand un marché s’affondre de plus de 40% en quelques années, on ne peut pas dire que c’est juste dû à une offre insuffisante. Il y a bien un facteur externe quelque part… Bref, une affirmation hasardeuse à mon sens.

Olivier Gainon

Protéger son manuscrit

19 March 2008

Selon la loi du 11 mars 1957 sur la Propriété Littéraire et Artistique, une oeuvre est protégée du fait même de son existence, sans qu’il soit nécessaire d’effectuer la moindre formalité. Mais ce principe est parfois difficile à prouver devant les tribunaux. Donc, si un auteur veut prouver qu’il est le créateur d’une oeuvre, il peut établir, par le dépôt, qu’il était en sa possession à la date du dépôt.

Le dépôt peut donc fournir un commencement de preuve devant les tribunaux qui doivent trancher la question de l’antériorité de l’oeuvre. Cela ne donne pas une preuve définitive (je prouve que j’étais en sa possession, je ne prouve pas que j’en suis vraiment l’auteur…).

Il est à noter que l’antériorité se distingue de la nouveauté ou de l’originalité de l’oeuvre : le droit français ne protège pas les idées, mais seulement leur expression. Ce que vous devez déposer, c’est donc un manuscrit écrit, pas une simple collection d’idée ou de trame romanesque.

Le dépôt peut se faire auprès de plusieurs sociétés d’Auteurs. La Société des Gens de Lettres (SGDL) est la plus connue et a une procédure de dépôt rodée et performante (coût : 45 euros par dépôt). Vous trouverez cette procédure ici.

La SGDL accepte en dépôt les manuscrits de romans, nouvelles, contes, scénarii, les plans d’architecture, les documents photographiques, les listages de logiciels, les progiciels, les organigrammes… Le dépôt est reçu à la SGDL pour une durée de quatre ans. Au terme de cette durée, il vous est demandé si vous désirez le renouveler. Passé trois mois, en l’absence de réponse, le document est détruit.

.À noter : la SGDL a innové courant 2000 en proposant le service CLÉO (la clé des oeuvres). Il s’agit d’un service en ligne d’empreinte numérique de fichiers sans transfert de données. Il fournit un condensé ou une empreinte numérique d’un ou plusieurs fichiers via internet. C’est pas clair ? Bon, allez voir sur : http://www.cleo-sgdl.com/.

 

Olivier Gainon

Un projet Cap digital sur le livre électronique

9 March 2008

Cap Digital, le fameux pôle de compétitivtié en région parisienne, vient d’accepter le projet Sylen (Système de lecture nomade) qui vise à développer une filière française d’édition et de distribution de journaux et de livres électroniques. Deux premières applications test sont adressées dans cette première phase : la presse, et le service au public de bibliothèques.

Ce projet a un coût total de 5.5 millions d’euros et eest financé à hauteur de 2 millions d’euros par le miistère de l’industrie et le pôle de compétitivtié Cap Digital. La société Nemoptic, qui fabrique des écrans basés sur de l’encre électronique, mène le projet et on retrouve Le Monde Intéractif, Bookeen, etc dans le consortium.

Un projet intéressant à suivre.

La fiche du projet Cap Digital est en lien ici.

La société nemoptic peut être trouvée ici.

Olivier Gainon

Et un bookCamp à Paris, un !

9 March 2008

Le blog La Feuille (cf liens ci-contre) s’essaie à une initiative très intéressante : organiser un “bookcamp” à La Cantine (le nouveau lieu branché des acteurs de l’internet en mal de nouveaux concepts).

Euh, c’est quoi un bookcamp ? Ben, c’est une transposition du concept de “BarCamps”, c’est plus clair ? Non ? Allons, lecteur, tu n’es pas à la pointe. Tssttt ! Tu n’es donc pas un fashion victim des concepts internet ?

Alors, un BarCamps, c’est une sorte de débat participatif ou chacun doit apporter quelque chose et ne peut être simplement passif mais acteur. En résumé, si tu te souviens de l’assemblée générale de ton syndicat étudiant, quand vous étiez une quinzaine à débattre joyeusement de tout et de rien, tu as compris le concept. Pour les bobos, on peut imaginer une sorte de café philo autour de la techno (ça vole moins haut). Forcément, BarCamps, ça fait plus chic que “café technique” ou “café internet”…

Allez, trève d’ironie, l’initiative est tout de même intéressante. Ce sera donc (sous réserve de confirmation), le samedi 14 juin, de 14h à 20h, à La Cantine. Retrouvez l’info sur La Feuille.

Jérôme Olinon

Le Booken (Cybook) en vidéo

9 March 2008

bookeenLe nouvel avatar du Cybook peut être consulté sur les vidéos du site 01 net. Bon, cela permet de se faire une idée. Moi, j’attends avec impatience car j’en ai acheté un sur leur site - mais, évidemment, comme pour le Kindle d’Amazon aux US, le fameux appareil est en “rupture de stock”. Vrai engouement ou public ou conséquence d’une production trop faible ? A suivre. En tous les cas, dès qu’il arrive, je me ferbookeenai un plaisir de vous faire partager mes impressions.

La vidéo sur le bookeen en cliquant ici.

Le site de Bookeen (si vous voulez en acheter un… attention, ce n’est pas donné : entre 350 et 450 euros…).

Olivier Gainon

Editis bientôt vendu ?

9 March 2008

Editis, le numéro 2 français de l’édition serait en passe d’être vendu. A quelques jours de l’ouverture du Salon du Livre de Paris, l’événement de l’édition française, l’info n’est pas neutre. Propriété depuis 2004 du holding Wendel (holding d’Ernest-Antoine Sellières, l’ancien patron du MEDEF), Editis regroupe des éditeurs comme Robert Laffont, Plon, Pocket, Nathan, Bordas… bref, du beau monde.

D’après Les Echos du 5 mars, le seul repreneur en lice serait l’espagnol Planeta (leader dans le livre en Espagne et en Amérique Latine). Problème : le prix. Wendel voudrait 1 millairds d’euros, ce qui fait lourd pour Planeta dont le chiffre d’affaires est de 1.8 milliards d’euros dont 1 milliard dans le livre et a fait 60 millions d’euros de pertes en 2007.

A suivre donc…

Olivier Gainon.

Chapitre.com s’incarne…

2 March 2008

Changement de stratégie pour le site chapitre.com. Pionnier des weblibrairies (et survivant), apparu en 1997,  le site racheté par Bertelsmann voilà quelques mois et plutôt spécialisé dans la recherche de livres rares et d’occasion, a décidé de quitter le virtuel.

En effet, 75 librairies actuellement dans l’orbite du géant allemand de l’édition vont changer d’enseigne pour s’appeler “librairie chapitre” et constituer à terme un nouveau réseau cohérent. L’intérêt est évidemment d’essayer de jouer sur les synergies entre les 2 réseaux : carte de fidélité commune aux magazins physiques et virtuels, capacité de retirer les achats faits sur internet dans sa librairie, capacité de commander depuis une borne en librairie un ouvrage non disponible, etc.

Evidemment, cela va s’accompagner d’une remise en question du positionnement de chapitre.com, aujourd’hui plutôt complémentaire des autres Weblibrairies, et qui va certainement venir les concurrencer plus frontalement.

On assiste donc désormais à deux stratégies distinctes : les “purs players” (amazon, alapage) qui restent dans l’internet et augmentent en revanche la gamme des produits distribués, et les “mix players” (chapitre, fnac) qui restent sur leurs produits d’origine (culture, nouvelles technos), mais qui essaient de jouer la synergie entre enseignes physiques et virtuelles.

Et les librairies indépendantes dans tout ça ? Euh, les quoi ?

Le site : http://www.chapitre.com/

Jérôme Olinon